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Une des seules choses organisées à l’avance, pour notre voyage, était cette excursion. Un des rêves de Cordélia était de découvrir de plus près, ces petits êtres si passionnants. Nous avons donc réservé deux jours dans une association spécifique, pour ne pas simplement faire l’attraction la plus touriste de Puerto Escondido, mais afin d’être en réelle immersion, et avec des gens passionnés à nos côtés. Pour cela, nous avons choisi le Centro Ecotouristico La Escbolilla.

Comment venir ?

Pour venir, il suffit de prendre un bus de Oaxaca à Pochutla. Pour notre part, nous avons pris le moins cher d’ADO qui nous a coûté 596 pesos MXN, soit 25€ par personne. Le bus se prend donc à la gare d’ADO qui est très accessible à pied du centre-ville. Puis, il faut compter environ 9 heures de bus. Nous avons préféré le prendre de nuit pour économiser une nuit d’auberge et puis le temps passe plus vite en dormant ! Par contre il faut s’accrocher, car ce sont des routes de montagnes et les conducteurs se prennent pour des pilotes, donc on vous laisse imaginer ce que ça donne ! Une fois arrivés à Pochutlat, nous avions demandé à ce que quelqu’un vienne nous chercher. C’est donc Pedro qui nous attendait à l’arrivée. Mais vous pouvez aussi tout à fait prendre un taxi ou un collectivo. Pour cela il faut prendre direction Puerto Escondido et demander à s’arrêter à l’association Centro Ecotouristico La Escobilla. Elle se trouve directement sur un bord de route.

Où dormir ?

L’association propose des petites chambres individuelles (avec un lit double) et une salle de bain. Vous pouvez donc demander à loger directement dans le centre, ou trouver un logement par vos propres moyens.

Récit de notre expérience

Nous arrivons à la gare de Pochutla vers 7 heures 30, nous attendons donc Pedro pour aller à Escobilla. C’est à 30 minutes de route. Nous jetons nos sacs à l’arrière de son Pick-up, et montons avec lui à l’avant. En arrivant, il nous présente notre chambre : c’est une petite cabane privée, avec une salle de bain très mignonne. Ensuite, il nous invite chez lui, pour prendre le petit déjeuner. La maison de Pedro n’a pas de murs fermés. Les lits sont dans le salon pour toute la famille.

Dans le jardin, il y a environ 20 poules, des dindons et des chiens. Sa fille nous apporte des quésadillas aux fromages et aux avocats. Un délice. Par contre on a peut-être eu les yeux plus gros que le ventre en voulant en manger deux. Pendant ce temps, Pedro nous a préparé un bon jus d’orange pour nous réveiller.

Après ce super petit déjeuner, nous partons pour prendre une bonne douche et nous changer, car ici il fait très chaud par rapport à Mexico !

Puis, Pedro nous propose de partir en fin de matinée, pour relâcher les tortues, car il y a moins de monde sur la plage. Nous partons donc avec Emanuel. Il nous présente l’enclos où sont protégés les œufs des tortues. Dans les enclos, il y a plusieurs nids avec 5 œufs à chaque fois. Ils sont répartis ainsi pour recréer le nid de la mère. Une équipe les ramasse sur la plage, lorsqu’ils en trouvent. Ensuite, les oeufs sont mis à l’abri, dans ces enclos pour les protéger des braconniers, des conséquences du réchauffement climatique, des prédateurs et des inondations. Au bout de 45 jours, les œufs éclosent puis les tortues sont relâchées quelques heures après. A leur maturité, entre 8 à 20 ans après en fonction des espèces, elles reviennent pour pondre à leur tour, sur la plage où elles sont nées. C’est incroyable de se dire qu’elles reviendront par la suite, chaque année, pondre sur la même plage. On ressent de leur part comme une reconnaissance envers leur mère qui les amène à revenir systématiquement.

Emanuel nous apporte par la suite 8 petites merveilles, qui sont nées il y a seulement 2 heures. Nous allons pouvoir les relâcher. Il faut les relâcher un peu avant le début de l’océan, pour qu’elles le rejoignent d’elles-mêmes, en se faisant prendre par la vague. C’est si drôle de les voir avancer avec leurs si petites nageoires pour rejoindre l’eau, et leur liberté.

Quand soudain cela tourne au drame. Un gabian attrape une petite tortue et la mange. Nous arrêtons et récupérons celle que l’on peut, et partons sur une autre plage pour relâcher le reste.

Ce spectacle était très émouvant. Être au plus près des animaux, et surtout les accompagner vers leur liberté, permet une reconnexion totale avec la nature, qui nous parait parfois si loin de nous, lorsque nous habitons dans les grandes villes.  

Ensuite, nous rejoignons notre petite cabane. Un peu plus tard, Flora vient nous chercher pour aller manger chez elle. C’est compliqué de ne pas parler la même langue. Il y aurait tant à partager ! Mais nous nous contentons de quelques échanges succins, mais sincères. Sur place, son mari passe du temps paisiblement dans son hamac, avec son Liqué petit perroquet. C’est amusant de les voir ensemble. Il nous explique que c’est son bébé, son vieux bébé de 13 ans. Ils sont tous les deux en harmonie au milieu de la végétation. Tous les habitants du village ont l’air tellement près de la nature. Flora nous apporte ensuite une soupe aux œufs, ou plutôt une omelette. C’était particulier, mais elle a essayé de nous faire plaisir, car nous ne mangeons pas de viande ni de poisson.

Le soir, nous mangeons de nouveau chez Flora. Jusqu’à présent nous étions un peu déçus de ne pas avoir approfondi les explications, en raison de la barrière de la langue. Mais au repas, nous  rencontrons deux étudiantes biologistes qui parlent anglais. C’était pour nous l’occasion de poser nos questions !

Nous apprenons alors qu’à Escbolla, il y a principalement 3 espèces de tortues qui y viennent pondre leurs œufs. La plus répandue est la tortue Olivatre, la Golfina en espagnol.  Cela s’explique par leur maturité sexuelle atteinte aux alentours de 8 ans pour environs 20 ans, pour d’autres espèces. L’espérance de vie des tortues en général est assez faible, en raison des divers dangers qu’elles encourent, comme le braconnage, la pêche, les prédateurs et les conséquences du réchauffement climatique.

À Escobilla, nous pouvons également croiser avec beaucoup de chance, les Luths qui sont les plus grosses que l’on peut trouver et les tortures vertes. Les Luths se distinguent, en plus de leur taille, par 7 lignes sur leurs carapaces lisses plutôt que des écailles. En tout, dans le monde, il existe 8 espèces de tortues marines. Au Mexique, 7 de ces espèces sont représentées, à l’exception des tortues plates, qui elles sont typiques à l’Australie.

Nous apprenons également au cours du repas, que des études sont en cours pour pouvoir déterminer le sexe des bébés tortues, en fonction de leur température corporelle. Les mâles auraient une température entre 26 et 28 degrés, pour une température entre 32 et 35 degrés pour les femelles. Avant 27 jours, le sexe n’est pas déterminé. Le bébé tortue deviendra mâle ou femelle, en fonction des conditions de son environnement. Les étudiantes nous informent d’une étude réalisée dans des couveuses, maintenues à 30 degrés, où les naissances étaient équilibrées, entre les mâles et les femelles. Statistiquement en conditions naturelles, ils y auraient beaucoup plus de mâles que de femelles.

Puis à 11 heures du soir, nous sommes partis patrouiller sur la plage, avec un autre français et son guide, pour essayer de voir les tortues ou des œufs à protéger. Mais après une bonne heure de marche, nous n’avons rien vu à part un magnifique ciel étoilé ! 

Pour découvrir plus de lieux au Mexique, n’hésitez pas à lire notre article sur la charmante ville de Oaxaca !

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Commentaires :

  • Colon

    17 juillet 2022

    Colorés, chaleureux et intéressants, vos articles donnent envie de découvrir le Mexique! Bravo pour la qualité des contenus! Merci pour vos témoignages et vos photos magnifiques! On vous y voit heureux et ce bonheur est communicatif!

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  • Corinne

    24 septembre 2023

    Super article !! A quelle date etiez-vous à cet endroit exceptionnel ? j’aime beaucoup votre enthousiasme !

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